Congé gâché, récup assurée.


La Cour de Justice européenne a commis cette semaine une nouvelle blague, même pas belge : permettre à l’employé malade pendant ses congés de les reporter ultérieurement (détail). Branle-bas de combat: ça crie de joie pour les syndicats, de colère pour les employeurs, d’impossibilité juridique pour les politiques. Alors, qu’en penser?

Un ami postait sur Facebook : “Donc en fait, y a les congés de vacances, les congés de maladie et maintenant les congés de maladie de vacances…Oui mais moi, je suis malade de ne pas être en vacances… Ca ne serait pas la quadrature du cercle: des vacances de maladie…?” et d’autres, entrepreneurs, sont carrément ulcérés, à l’instar du Syndicat National des Indépendants (SNI).

Je pense que cet arrêt va créer beaucoup plus de problèmes que d’en résoudre. Le management des abus à venir est déjà pointé du doigt : les DRH se posent directement la question du contrôle maladie à distance (remarquez que si mon collaborateur est malade à Pukhet, je veux bien payer de ma personne et aller vérifier moi-même). Les collaborateurs désengagés se frottent les mains, les collaborateurs engagés se découragent à l’idée qui ceux qui abusent déjà du système vont pouvoir en rajouter une couche. Honnêtement, on se serait bien passés de cette décision de justice.

En définitive, la question essentielle est-elle : est-ce à l’employeur à prendre ces “congés maladie en congé” en charge via une garantie de salaire? A mon avis, non. Mais la Sécurité Sociale a-t-elle les moyens de prendre ces congés en charge par le truchement des mutuelles? A mon avis, non plus.

Si cette décision est irrévocablement applicable, comment en limiter les effets? Faut-il dès à présent penser à introduire le système des jours de carence, comme en France? Cela permettrait probablement de limiter les abus (4 jours de carence fera réfléchir tout abuseur). Mais c’est la porte ouverte à une nouvelle lourdeur administrative… Cette idée avait été par ailleurs déjà soumise par le SNI pour le premier jour de maladie (même en dehors des congés) des employés pour privé (lire ici). Tollé des syndicats (ben tiens… à chacun son métier).

Bref, on en revient à la question de la responsabilisation et de la gestion des résultats. Un collaborateur qui abuse est un collaborateur qui ne s’épanouit pas dans ce qu’il fait. D’où vient le problème? Son boss? Son contenu de fonction? Son environnement de travail? Son package salarial? Ses horaires? Qu’on instaure ou pas des jours de carence ne nous dispense pas de se poser les bonnes questions en tant que leaders. Et d’avoir un management d’équipe qui remet les pendules l’heure en cas d’abus.

Quoi qu’il en soit, à partir du moment où la vision de l’entreprise est clairement communiquée, les collaborateurs ont la possibilité de s’organiser, en prenant la responsabilité de leurs choix d’organisation personnelle dans leur vie professionnelle. Par conséquent, les résultats (monitorés en critères de quantité / qualité / comportement) mènent à la performance de l’organisation et au bonheur du collaborateur.

C’est un changement complet de culture qu’il faut opérer au sein de nos organisation et au sein de la Société en général. Vaste défi au regard d’un jour de fièvre en pendant des jours de congé… 🙂

Sur ce, je m’en vais profiter du soleil miraculeusement présent aujourd’hui et d’une belle grande dose de vitamines D. C’est une bonne façon de ne pas tomber malade pendant mes (futures) vacances et de rayonner de bonheur autour de moi!

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