HR et 2.0 : un peu de sérieux, voyons!

Une émission française diffusée dernièrement, Génération Télé 80, m’a renvoyée illico en pré-adolescence. On y citait notamment Dallas, Dynasty, Chateauvallon et… Pause-café. Souvenez-vous de Joëlle Mazart, cette jeune assistante sociale, idéaliste et proche (qui a dit drh?) de ses étudiants. Elle dénonçait le système bureaucratique et sans coeur de l’éducation hérité des années 70. L’extrait choisi montre une altercation entre Joëlle et le proviseur sur les moyens de communication : elle réclamait le téléphone dans son bureau. Refus total et claquement de porte.

Tam-tam, lettre, téléphone, email, internet…

Le parallèle est aisé : réclamer le téléphone dans son bureau dans les années 80 revient à réclamer les réseaux sociaux en 2012. Diantre. En voilà une constatation.

C’est bien connu. Autant le top management demande aux responsables RH de s’occuper de stratégie, de développement de l’organisation, de gestion des talents et de tableaux de bord, autant ils sont frileux lorsqu’on leur parle d’intégrer une nouvelle dimension à leur people management.

Souvenez-vous pourtant de l’introduction de l’email.
Au départ, seuls les directeurs pouvaient en disposer. Et on s’envoyait des mémos pour dire qu’on allait s’envoyer un email. (C’est d’ailleurs toujours le cas chez certains avocats et notaires, courage les amis.)
Idem avec l’introduction d’internet où je me souviens que la procédure chez mon employeur de l’époque prévoyait d’envoyer un email au directeur général pour demander l’autorisation d’utiliser internet, en mentionnant l’heure et les liens qu’on voulait consulter. Risible.

Heureusement, par la force des choses vu l’adhésion rapide des plus jeunes collaborateurs, les choses ont rapidement évolué. Communiquer par email est devenu tellement commun, voire indispensable qu’on parle presque de chômage technique quand le réseau informatique est hors service. L’accès à internet est plus ou moins libéralisé mais sans pour autant être généralisé.

Malheureusement, je rencontre souvent des managers et des drh qui me disent dans le blanc des yeux : “non, nous ne permettons pas l’accès à Facebook, Twitter, MSN depuis notre réseau”. Donc, quand on parle de réseaux sociaux, de 2.0, nous sommes finalement en train de reproduire exactement la même chose qu’avec l’introduction du téléphone, de l’email ou d’internet. Il me prend comme une envie de demander à ces collègues s’ils sont bien conscients de vivre en 2012 et non plus en 2002.

Monde RH, réveille-toi!

Le monde évolue les amis. Les sociétés aussi. Et nos talents encore plus vite. Si nous voulons nous targuer de faire de la gestion de ressources humaines (je ne parle même pas de patrimoine humain ici), il serait temps de vivre avec notre époque.

Savez-vous que les media sociaux peuvent accélérer vos processus de recrutement (cfr wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0)? Savez-vous que LinkedIn a plus de 150 millions de profiles (+15% depuis 2011)? Savez-vous que les media sociaux sont capables de faire et de défaire la réputation de votre entreprise (dernier bad buzz du genre: le nudiste du catalogue La Redoute et bien d’autres exemples dans cet excellent article du Nouvel Economiste : http://bit.ly/wc5qlF)? Savez-vous que la pénurie de talents ne va pas s’améliorer?

Alors, soyons sérieux.

Il est temps que les RH se mettent au 2.0 pour des raisons professionnelles.
C’est ahurissant d’entendre un professionnel RH dire : “ho non, moi, je n’aime pas trop ça. A la maison, je n’ai pas facebook, je vais à peine sur LinkedIn donc il n’est pas question d’intégrer le 2.0 dans ma stratégie. Et puis, je suis nul là-dedans”. Pourquoi, le droit social ou la gestion de compétences, ça vous intéresse dans la vie privée peut-être? En quoi le manque d’intérêt et une non-connaissance du 2.0 sont-ils des raisons valables pour ne pas envisager le #HRM20?

Il est grand temps que les sociétés ouvrent leur réseau à l’utilisation des media sociaux. Et oui, bien sûr, il faut prendre les précautions nécessaires pour éviter toute catastrophe sur le réseau IT et dans la sécurité des informations dites confidentielles et critiques. Mais il ne faut pas non plus exagérer en bloquant tout sous le prétexte d’une analyse de risque réalisée par un détracteur du 2.0…

Enfin, il est plus que temps que les managers fassent confiance à leurs employés. Souvenez-vous : ces gens si formidables que vous avez un jour engagés. Savez-vous qu’ils n’ont pas perdu leur cerveau à la signature du contrat? Ils sont capables de réfléchir, d’agir en adulte et d’utiliser à bon escient les moyens modernes de communication. Essayez, vous verrez. Et vous allez faire bien des heureux.

Hauts les coeurs!
Rayonnez de bonheur (2.0) autours de vous. Vous ferez des émules!

8 thoughts on “HR et 2.0 : un peu de sérieux, voyons!

  1. Félicitations pour ta 29 ème place dans le top hit parade des réseaux sociaux.
    Mais quand travailles tu opérationnellement,sur le terrain.
    Twitter et autre est ce de la communication active,de l’écoute?
    je me pose la question.
    Sans doute ,suis je de la génération de Mai 68 ,une période que tu n’as pas connu
    Amitiés
    Bernard

    • Merci Bernard, chaque époque a ses bonheurs :-))
      Mai 68 a apporté bien des évolutions et on en profite encore aujourd’hui!

      Les media sociaux sont simplement un moyen de communication. Ils me facilitent la vie, améliorent la communication au sein de mon organisation, simplifie les relations hiérarchiques… Je téléphone beaucoup moins et j’envoie moins d’emails. Les rencontres de visu existent toujours – heureusement! et sont d’autant plus constructives.

      Et aussi longtemps que les objectifs business sont atteints… l’un n’empêche pas l’autre 😉

  2. j’en rajoute une couche, Miss. Dans une vie passée, où le département que j’animais survivait en été grâce à l’afflux massif de dizaines de jeunes universitaires polyglottes, j’ai fait une analyse du boulot accompli par ceux qui utilisaient facebook ou qui jouaient sur les jeux sociaux entre les coups de fil et les autres, histoire de voir si être un “preferred employer” se payait “bottom line” (ah la poésie du sabir managérial (*)). Résultat: 10 % de productivité en plus et une meilleure qualité du travail chez ceux qui surfaient entre les coups.

    (*) à propos de sabir : http://www.terrafemina.com/emploi-a-carrieres/conseils-de-pro/articles/11125-le-top-50-des-expressions-pro-les-plus-exasperantes-du-moment.html (merci Nico)

    • M’enfin, y’a pas de “Like” sur les commentaires wordpress.
      Donc je like. Merci Serge! Et je like aussi la liste qui a fait le buzz sur Twitter 🙂
      (traduction dans le lien renseigné (j’allais dire posté) par Serge!

  3. Courage, la situation est grave mais pas désespérée!! 🙂

    Pour ton info, mon avant dernier recrutement à été fait par Twitter! Etrange expérience, très positive!

  4. LES MEDIAS SOCIAUX CELA FONCTIONNE A TOUS LES ETAGES

    Et oui, les médias c’est comme l’eau: elle s’infiltre partout (et nous en Blegique on connait bein ça !!). Trois histoires vécues

    1. Il y a 20 ans la Commission où j’ai le bonheur de me réaliser interdiasait l’e-mail. Comme cette interdiction étonnait les réseaux professionels des chercheurs des DG REcherche et Informatique, ils ont cherché… et trouivé: Un numéro de fax interne a été redirigé vers une ligne gratuite de l’ULB et le mot a passé. Le réseau interne de la Comm permetttait l’envoi et la réception de fax. La direction Informatique a remarqué une explosion de fax de et pour l’ULB. Lorsqu’il s’en sont aperçu ils ont bloqué le numéro Et un autre canal a été ouvert par ces indisciplinés de chercheurs qui ne voulaient pas fonctionner en fonctionniares; Ce jeux du chat et de la souris a duré jusqu’à e que le mail s’impose.

    2. Il y a 10 ans, j’étais responsable de la Com dans une DG. Cherchant à épargner des ressources humaines pour développer un service de webnews pour rendre norte site “Commission” plus actif, j’ai chargé mon équipe Web de trouver des solutions. Un développeur qui avait le vice de travailler la nuit (Laurence 😉 nous présenta un truc qui venait des US. Wiki-wiki que ça s’appelait, de l’HAwaien facile-facile. Même moi j’arrivai à faire des pages Web. On a “emprunté” le soft et placé un sous-serveur sur notre site interne. En mions d’un mois tous les correpsondant Web internes “bloggaient” sans le savoir (on était en 2003) et moi, j’ai pu rediriger mes 2 (!!!) rédacteurs intranet vers la communication externe, l’intranet se faisant presque tout seul. Je suis ainsi fier de croire que l’on a développé le premier wiki de la Commission.

    3. AUjourd’hui, responsable d’un “groupe a haut niveau” (je cehrce toujours le premier groupe de la Commission qui admette être d’un niveau moyen ou bas 😉 de DG de la recherche, j’aurai aimé les mettre en réseau de façon Web 2.0. Interdit – m’ecrit le Conseil qui doit encore utiliser les MEMO de ton post. Heureusement que les membres les plus actifs et motivés sont tous parmi mes contacts Linked-In. Et depuis cet été on intéragit gaiement – loin des yeux de nos sourcilleux ministres et commissaires. Cela nous permet de développer programmes et statistiques beaucoup plus rapidement que par les canaux diplomatiques.

    Morale : des DG partrageant leurs programmes stratégiques aux secrétaires se partageant les tuyaux sur les softs abscons de notre service courrier, le Web booste la productivité de la Commission – Malheureusement c’est souvent à l’insu de son plein gré

    • Une bonne nouvelle, Giorgio. La DG Infso de la Commission a lancé en août 2011 un gros projet “Digital Futures” et m’a demandé d’y participé via les sessions de brainstorming. Le but est d’élaborer le monde de demain (2050) et de définir les moyens à mettre en oeuvre pour communiquer dans ce monde du futur. Leur working paper est franchement encourageant, voire carrément inspirant. Espérons que cela ne reste pas qu’un working paper!

  5. SOrry Miss, je ne lis ta réponse que ce soir (car le Dimanche soir je termine mon week-end “social” avant d’attaquer la semaine européenne). Le DG INFSO est assez atypique (comme sa DG qui compte plus de Geeks qu’ailleur à la Commission):
    – il a invité son staff a joindre son blog dès qu’il a su qu’il était nommé à l’INFSO,
    – il accepte d’autres fonctionnaires sur sa page FB, qu’il nourris chaque semaine
    – il tweet (lui-même, pas ses assistants)
    – il fait travailler des task-force mélant repsonsables et fonctionnaires pour prépare la restructuration de printemps de la DG. Au lieu de publier le nouvel organigramme le jour précédent la restructuration, comme font d’autres services de la DG
    – il participe et fait participer ses gestionnaires aux séminaires “Philosophie et management”…

    Pour moi, un exemple à suivre – ce que je fais d’ailluer via FB et Twitter, bien que je ne sois pas à la DG Infso 😉

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