Je suis naïve mais je me soigne!

Si je vous dis “enfance”, il y a 9 chances sur 10 pour que les émotions qui naissent spontanément en vous soient positives : douceur, rires, couleurs, enthousiasme, amitiés fortes, chuchotements, farces, sucreries, …  Et souvenirs d’une certaine insouciance, d’une douce naïveté. On fait naturellement confiance aux adultes, à nos amis parce qu’on ne peut pas concevoir qu’ils se jouent de nous, qu’il nous manipulent ou d’être un pion sur leur échiquier. 

Puis on grandit. On apprend que la confiance, c’est bien beau mais c’est une notion toute relative et particulièrement subjective. La confiance, c’est aussi superbe, fragile et finalement commun qu’un coquelicot qui s’épanouit. On grandit et on apprend que la manipulation est une réalité dans les relations interpersonnelles, qu’elle soit plus ou moins consciente, plus ou moins malveillante. On grandit et on apprend que si on veut survivre dans cette jungle humaine, où les plus manipulateurs sont rarement pénalisés, il faut bien s’adapter.

Je te tiens, tu me tiens, le premier qui rira…

Et pour s’adapter, il n’y a pas 42 solutions : ou on devient réaliste – cynique – sarcastique, ou on devient manipulateur, ou on reste le dindon de la farce ou on devient extrêmement pointilleux sur le choix de ses relations.

Mais quoi qu’il en soit, adieu le naturel. Bonjour les grands calculs: “Qu’est-ce qu’il me veut? Que puis-je retirer d’elle? Où est son intérêt? Que puis-je y gagner?”

Manifestement, tout le monde – ou presque, est comme ça, devient comme ça.
D’autant plus que méfiance et l’abus de confiance sont 2 mamelles de notre activité économique.  Imaginez la part du business traitée par des armées d’avocats, de notaires, d’huissiers, l’univers de la justice, les curés, les syndicats, les fabricants de système antivols, les concepteurs de système de contrôle et de surveillance et tant d’autres dont la défiance, la méfiance et l’abus de confiance sont le fond de commerce. Et c’est sans compter la majorité des politiciens dont l’essence-même est d’oublier tout concept de confiance.

Nous voilà donc condamnés socialement à cultiver la méfiance juste pour rester dans la norme. Nous voilà donc condamnés à rester autant que possible heureux en fermant les yeux, en acceptant, en ignorant, en s’adaptant… Et tant pis pour ceux qui résistent. Ils sont malheureux et se sentent stupides quand pour la xème fois, ils prennent conscience d’avoir été abusés.

Et pourtant…

G. Roussel énonce un brin de vérité dans la chanson “Il y a” : “voir les choses telles qu’elles sont en se demandant pourquoi. Voir les choses telles qu’elles pourraient être en se demandant pourquoi pas”.

C’est au premier des deux qui prendra un risque incalculable : faire un premier tout petit pas pour montrer par A+B qu’il est digne de confiance. Et à chacun de faire tous les efforts du monde pour le rester. Il ne suffit pas de mettre sur la table des preuves de sa bonne réputation (mais nous savons tous qu’il est possible d’acheter sa réputation)… Il faut VIVRE au quotidien le fait d’être digne de confiance.

C’est dans son comportement avec ses proches, avec ses amis, avec ses collègues, avec sa hiérarchie, ses collaborateurs, avec ses clients, ses fournisseurs, ses voisins… qu’on se révèle digne de confiance. C’est un vrai outil  de 360°, la confiance. Etre un “role model”, être parent, être conjoint(e), être un ami, être partenaire… c’est un combat au quotidien. Ce n’est pas un passe-temps. La confiance, ce n’est pas un pot de poudre de perlin-pinpin qu’on prend sur l’étagère, dont on saupoudre à loisir ses relations et dont on assure le réassort en faisant ses courses au supermarché.

Par conséquent, même si la vérité peut faire mal, elle est bien plus salutaire à toute forme d’hypocrisie sociale. Si les objectifs finaux peuvent ne pas coller à sa vision des choses, les énoncer clairement est préférable à toute forme de manipulation.

Un peu de sincérité dans ce bas monde ne ferait pas de tort. Mais qu’il est dur d’être toujours sincère. Le chemin est long parfois escarpé, parfois aride mais il en vaut certainement la peine.  Et je suis bien consciente que ma route est encore longue…

 
« En permettant aux uns de duper les autres, la naïveté est un élément trop capital du bonheur humain, pour qu’on ne lui doive pas de l’indulgence.” >Henry de Montherlant


Un âne ne bute pas deux fois sur la même pierre.
Heureusement, en matière de confiance, il est une petite population d’êtres humains qui a conservé d’une vie ancienne, le gêne récessif de l’âne têtu qui buttera encore et encore sur la pierre de la confiance. Et le fait de buter ne l’empêchera pas d’accorder sa confiance encore et encore. Et de laisser vivre cette enfantine naïveté qui fait voir dans ses congénères des personnes qui restent dignes de confiance.

Rayonnez de bonheur autour de vous. Parce que la vie le vaut bien.

4 thoughts on “Je suis naïve mais je me soigne!

  1. J’adore !
    Rien à rajouter !
    Si ce n’est: ne changez pas, cette rayonnante naïveté a tous les pouvoirs des “aimants”, elle mobilise les troupes et fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui ! Une excellente DRH !
    Ce qui serait impossible, voire inimaginable, dans l’autre cas de figure !

  2. Je suis naïve. Et je m’en prends toujours plein la figure.
    Ce texte me donne plutôt envie de faire le contraire… Mais je sais pertinnement que si je devians manipulatrice je me haïrais encore plus que je ne me déteste aujourd’hui.
    Alors je vais juste tenter de suivre le quatrième choix : être très pointilleuse dans mes relations. Ca fait déjà un petit bout de temps que je m’efforce de l’être sans m’en rendre trop compte, maintenant je vais approfondir dans ce sens. seuls les gens désintéressés ou juste intéressés par un gain d’amour m’intéressent moi désormais.
    Et tant pis pour les manipulateurs qui vont passer à côté de ce que je pourrai leur apprendre.
    Je suis désabusée.

  3. Je suis naïve. Et je m’en prends toujours plein la figure.
    Ce texte me donne plutôt envie de faire le contraire… Mais je sais pertinemment que si je deviens manipulatrice je me haïrais encore plus que je ne me déteste aujourd’hui.
    Alors je vais juste tenter de suivre le quatrième choix : être très pointilleuse dans mes relations. Ca fait déjà un petit bout de temps que je m’efforce de l’être sans m’en rendre trop compte, maintenant je vais approfondir dans ce sens. seuls les gens désintéressés ou juste intéressés par un gain d’amour m’intéressent moi désormais.
    Et tant pis pour les manipulateurs qui vont passer à côté de ce que je pourrai leur apprendre.
    Je suis désabusée.

  4. Je suis naïve aussi !

    Je le vis assez mal car j’ai l’impression parfois que je ne perçois rien… Comme si j’ai un voile sur les yeux. Je ne sais pas observer et percevoir le moindre détail de mon environnement ou comportement.

    Mais c’est plutot cool de savoir qu’on est pas seule.

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